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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 07:52

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La GLNF, dans sa circulaire datée du 6 décembre 2011 et signé par le Secrétaire du Grand Conseil,
écrit aux loges pratiquant les grades symboliques du REAA ceci :

 

-1/ Les Rituels REAA dits « 1802 » sont désormais libres de pratique et les Loges qui souhaiteraient
revenir à ce Rituel pourront le faire sans contrainte aucune. Rappelons que le 1802 est le rituel
historique spécifique de la GLNF en ce qui concerne le REAA. La Loge aura l’obligation d’en informer
sa Province.

 

Avant d’apporter nous-mêmes quelques précisions historiques venant démonter les mensonges ci-
dessus déguisée du voile de la pseudo-histoire, il apparait que cette décision est avant tout liée à la
crise de gouvernance de la GLNF ; nous le démontrerons après un véritable rappel historique à
propos des rituels dits « 1802 ». Cependant, précisons d’emblée que personne n’est dupe d’une
GLNF qui se piquerait soudainement d’histoire maçonnique et « d’authenticité » rituelique, alors qu’il
s’agit, vous l’aurait déjà compris, d’une manoeuvre pour s’éloigner encore plus d’un Suprême Conseil
pour la France pointé du doigt comme un pratique bouc émissaire par nôtre Léo Taxil contemporain,
le bien nommé mauvais compagnon monsieur Stifani - nous vouvoyons le monsieur car nous ne
tutoyons que nos amis et nos frères.

 

La GLNF, avant de devenir le « club service contre-initiatique » de monsieur Stifani et de ses sbires,
visait à imposer à ses loges la pratique des Rites dans leurs rituels les plus anciens, bien entendu
dépoussiérés et sans nier les acquis jugés intéressants et positifs issus de la pratique de ces mêmes
rituels. Et il faut bien avouer que non seulement la démarche fut louable, mais que nos rituels furent
bien élaborés. Si justement les rituels dit « 1802 » furent en masse rejeté par les pratiquants du
REAA – même si certaines loges l’ont adopté et nous n’avons rien à dire sur leur choix – c’est parce
que ces rituels symboliques n’entrent pas dans les exigences formulées par la GLNF et, affirmons-le,
sont étrangers à l’histoire même des grades symboliques du REAA. Explications :

 

A propos des rituels dits « 1802 »

 

Pour commencer, le fait de nommer ces rituels « 1802 », datant ainsi leur origine, pose problème.

 

Le Rite en 33 grades (nommé pour la première fois Rite Ecossais Ancien & Accepté en 1804 lors du
Concordat ) fut fondé à Charleston (Etats-Unis, Caroline du Sud) en 1801. Le REAA était à cette
époque et reste pour beaucoup de pays, uniquement un système de hauts-grades.

Les degrés symboliques du REAA, quant à eux, naquirent en France en 1804, au sein de la loge La
Triple Unité Ecossaise à l’Orient de Paris, atelier fondé par des émigrants français des Amériques et
travaillant sous les auspices de l’éphémère Grande Loge Générale Ecossaise. Cette obédience, qui
n’exista qu’une année, réunissait tous les écossais qui, voulant pratiquer leur propre système de
hauts grades, s’étaient élevés contre le système du Grand Orient de France. La Grande Loge Générale
Ecossaise réunissait donc le REAA, le Rite Ecossais Philosophique, le Rite Ecossais de Marseille,
d’Avignon, etc.

Il est donc probable que les rituels symboliques de 1804 n’étaient pas propres au seul REAA.
Cependant, ces rituels symboliques seront publiés en 1819/1820 sous le titre Le Guide des Maçons
Ecossais et serviront, en 1829, de matière première aux premiers rituels officiels du Suprême Conseil
de France (réorganisé en 1821). C’est d’ailleurs ces derniers rituels qui seront choisis comme « base
» des rituels dits « Cerbu en 1973.

 

Comme vous pouvez le constater, les premiers rituels symboliques du REAA datent de 1804 et dater
de 1802 des rituels symboliques du rite est soit une erreur soit un acte malhonnête !

 


Ces rituels sont, pour ainsi dire, l’oeuvre d’un seul homme, membre de la GLNF, Yves Tristournel.

Celui-ci acheta en 1982, un « ancien » rituel de réception au grade d’apprenti. Avec l’aide d’un frère
Compagnon du Devoir, Y. Tristournel inventa un rituel de passage de compagnon et un autre
d’élévation à la maîtrise.

Une fois leur oeuvre achevée, en 1989 ou 1990, ils rendirent visite au frère Jean Murat dans la
Province du Val-de-Loire, dans le but de créer une loge travaillant au rite de leur invention et de
recruter de futurs membres dans le Compagnonnage (Tours étant une ville importante du Devoir).
Yves Tristournel demanda l’avis de Compagnons du Devoir de la Province membres de la GLNF qui, à
sa grande surprise, s’élevèrent violemment contre cette initiative ! Le malheureux bricoleur se replia
donc sur Paris.

 

Jean Murat, dont je tiens les informations précédentes (communication datée du 6 mai 2010),
prétend qu’en inventant ce rite, Yves Tristournel désirait, en le diffusant, se venger du Suprême
Conseil pour la France qui avait déçu ses ambitions.

 

Pour résumer, les rituels symboliques dits de « 1802 », se caractérisent par :

- Une fausse datation, comme exposé ci-dessus.

- Une introduction d’éléments propres au Compagnonnage du Devoir, chose absurde du fait
que c’est la Franc-maçonnerie qui influença les rituels du Compagnonnage au XIXème siècle
et non l’inverse.

- Une supposée volonté de saper l’autorité spirituelle du Suprême Conseil pour la France en
diffusant des rituels non examinés et validés par des membres de la Juridiction.

 

A propos des rituels « Cerbu »/ « Hiram »

 

Après l’arrivée des grades symboliques du REAA à la GLNF en 1965, les frères du Rite, tous membres
du Suprême Conseil pour la France, se mirent à l’ouvrage afin, comme demandé par l’obédience,
d’élaborer des rituels symboliques au plus proche des origines du Rite. Ainsi, la loge Hiram, loge
d’instruction du REAA de la GLNF édita en 1973 de nouveaux rituels symboliques encore en vigueur
au sein des loges de l’obédience (rituels communément appelés « Cerbu »).

Désirant retourner aux rituels les plus anciens du Rite, les frères de la commission firent le choix de
prendre comme référence les rituels datés de 1829, premiers rituels « officiels » du Suprême Conseil
de France réorganisé en 1821. Ainsi, le Suprême Conseil pour la France, porteur des degrés
symboliques du Rite à la GLNF, entendait peut-être non seulement obéir à la demande d’authenticité
des rituels symboliques utilisés à la GLNF, mais aussi « abandonner » la Grande Loge de France en
prenant comme référence des rituels datant d’avant 1894, date de la création de cette dernière.

Citons la lettre circulaire de janvier 1973, accompagnant la remise en forme de 2003 des rituels
symboliques officiels du REAA :

 

Il fallait tout reprendre pour éviter les erreurs et les écueils auxquels cédèrent trop souvent dans le
passé les Frères les mieux intentionnés dans le désir d’innover et de moderniser à tout prix. Pour y
parvenir, il fallut passer au crible tous les rituels existants et procéder par comparaison. Un seul a été
retenu comme élément de base, celui de 1829, le plus ancien rituel officiel du Suprême Conseil de
France.

 

Les rituels de 1973, dits « Cerbu », ont donc comme principale référence le recueil des rituels des
trois premiers degrés daté de 1829 (cf. manuscrit BN, FM 496 & Origines et évolution des rituels des
trois premiers degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté, n°39-40, p. 297 à 476). En 2004, ces rituels
subirent des modifications mineures : les instructions furent allégées et, innovation inédite dans les
degrés symboliques du REAA, les tableaux de loge doivent êtres tracés. Ces rituels sont connus sous
l’appellation « Hiram », nom de la loge d’instruction du Rite à la GLNF.

 


En conclusion, lorsque dans la circulaire nous lisons : « Rappelons que le 1802 est le rituel historique
spécifique de la GLNF en ce qui concerne le REAA. », nous ne pouvons que rire de l’ignorance la plus
crasse affichée ici et porter la mine la plus attristée et inquiète, quand on comprend que les
manoeuvres de monsieur Stifani & Co. visent à gommer toute trace du Suprême Conseil pour la
France à la GLNF, en encourageant les loges à ne plus utiliser des rituels élaborés par des hommes
qui furent des membre éminents de ce Suprême Conseil, lui-même accusé de comploter contre
l’obédience, parfait bouc émissaire de la crise : la GLNF invite maintenant les loges à pratiquer des
rituels datant de la fin des années 1980, un bricolage sans lien réel avec le REAA !

 

Lorsque l’on agit ainsi Monsieur Stifani, parjure et mauvais compagnon sous lequel les blessures
d’Hiram s’ouvrent et expulsent son sang poisseux et collant à la mémoire que vous laisserez, c’est
l’histoire maçonnique que l’on insulte, c’est le REAA que l’on foule, c’est la mémoire même des francs-
maçons qui participèrent à la grandeur aujourd’hui pourrissante de la GLNF que l’on conchie.

Dormez bien au chaud dans votre grotte monsieur Stifani, dormez bien et ne prêtait guère attention
au chien qui guide les ombres. Bonne nuit...

 

Fraternellement

 

Jérôme De Souza

 

 

Bibliographie

 

- BASTARD Laurent, Les sources méconnues du Compagnonnage français au XIXe siècle. III.- La «
maçonnisation » des Réceptions, p. 99, dans Renaissance Traditionnelle, n°150, Clichy, 2004.

- Collectif, Origines et évolution des rituels des trois premiers degrés du Rite Ecossais Ancien et
Accepté, n°39-40, Suprême Conseil de France, Paris, 1999.

- DE SOUSA PINTO Jérôme, Une loge au coeur du schisme du Suprême Conseil de France, « Les
Persévérants Ecossais » à l’Orient de Tours, p. 48, dans Renaissance Traditionnelle, n°157-158, Clichy,
2010.

- MOLLIER Pierre, p. 220, dans Renaissance Traditionnelle, n°138-139-140, Clichy, 2004.

- NOËL Pierre, Guide des Maçons Ecossais, A Edimbourg 58, A l’Orient, 2006.

- SIMON Jacques, R.E.A.A., Rituel des trois premiers degrés selon les anciens cahiers 5829, La Hutte,
Bonneuil-en-Valois, 2010.

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Published by Vercingetorix
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commentaires

metacryptic 28/09/2013 12:03

Juste pour dire que les choses sont rentrées dans l'ordre depuis, mais la colère fut saine et les précisions apportées ici sont précieuses.
Les maçons du REEA de la GLNF travaillent dans leur immense majorité au rite hiram.
la paix est retrouvée est vécue avec joie et chaleur au sein de la GLNF, je suis heureux que stifani ne soit plus maçon et ne puisse plus nous détruire.
car au final ce que nous avons récolté est encore un émiettement une division, alors que nous devrions plutôt rassembler (...)
Fraternellement !